Dévoilement des résultats de l’Enquête régionale sur la petite enfance, l'éducation et l'emploi chez les Premières Nations

Par Chantal Cleary | juin 20, 2017
La culture et la langue demeurent une priorité...

Wendake, le 15 juin 2017 – C’est dans le cadre d’une rencontre régionale sur la gouvernance en santé et en services sociaux des Premières Nations qu’a eu lieu, le 13 juin 2017, à Trois-Rivières, le lancement officiel des résultats de l’Enquête régionale sur la petite enfance, l’éducation et l’emploi (EREEE).

Déployée depuis 2011, l’enquête porte un regard sur l’état du développement de la petite enfance, de l’éducation et de l’emploi au sein des communautés des Premières Nations au Québec.

À la suite de la présentation des faits saillants de l’EREEE, quatre panélistes travaillant au sein d’organisations régionales ont proposé des recommandations et partagé leur vision pour les sept générations à venir :

- Prudence Hannis, directrice associée de l’Institut Kiuna;

- Nadine Rousselot, gestionnaire du secteur de la petite enfance à la Commssion de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador (CSSSPNQL);

- Marjolaine Tshernish, directrice générale de l’Institut Tshakapesh;

- Mickel Robertson, directeur général de la Commission de développement économique des Premières Nations du Québec et du Labrador (CDEPNQL).

L’EREEE est une enquête pancanadienne financée par le Centre de gouvernance de l’information des Premières Nations (CGIPN) et menée dans plus de 250 communautés, dans dix régions et territoires au Canada. Au Québec, il s’agit de 2 436 répondants provenant de vingt communautés qui ont volontairement accepté de participer à cette enquête.

La CSSSPNQL a le mandat de coordonner les activités régionales de l’EREEE au Québec, en collaboration avec l’Institut Tshakapesh, le Conseil en Éducation des Premières Nations et la Commission de développement des ressources humaines des Premières Nations du Québec (CDRHPNQ).

Les résultats visent, entre autres, à appuyer le processus de gouvernance des Premières Nations en procurant de l’information scientifiquement et culturellement validée aux dirigeants et au personnel travaillant auprès des Premières Nations afin de les soutenir dans leur planification et dans la prise de décisions informées.

La réalisation d’enquêtes populationnelles s’inscrit aussi dans une démarche de réappropriation de la recherche par les Premières Nations et d’amélioration continue de l’expertise de recherche chez les Premières Nations.

Au Québec, le processus utilisé dans le cadre de l’EREEE respecte et applique les principes de PCAP® (propriété, contrôle, accès et possession) et est conforme au Protocole de recherche des Premières Nations au Québec et au Labrador.

Quelques faits saillants :

- Petite enfance (0-5 ans)

- Environ la moitié des enfants âgés de 0 à 5 ans bénéficient d’un service de garde. Presque tous les répondants se disent «satisfaits» ou «très satisfaits» des soins qui y sont prodigués.

- Environ la moitié des services de garde permettent aux enfants d’apprendre des enseignements traditionnels chaque semaine.

- La monoparentalité est la réalité d’environ deux familles sur cinq.

- À la maison, la lecture d’histoires est réalisée de une à trois fois par semaine pour environ le tiers des enfants, alors qu’elle est rare ou inexistante pour un peu moins du quart d’entre eux.

- Près d’un enfant sur cinq a des besoins spéciaux. Les principaux besoins sont liés aux maladies chroniques et aux retards de langage, de développement ou d’apprentissage.

- La moitié des enfants vivent dans un ménage dont le revenu se situe entre 10 000 $ et 29 999 $.

- Le quart des enfants vivent de l’insécurité alimentaire modérée.

- Éducation

- Près du quart des enfants et environ un adolescent sur six vivent dans un logement surpeuplé, ce qui peut nuire à leurs études.

- L’éloignement géographique diminue de manière importante les chances d’obtenir un diplôme d’études secondaires ou l’équivalent.

- Bien que 86 % des adolescents se sentent en sécurité à l’école, presque 60 % affirment que l’intimidation y est un problème.

- Environ 60 % des enfants reçoivent toujours l’aide de leurs parents lorsqu’ils en ont besoin pour faire leurs devoirs, comparativement à seulement 25 % des adolescents.

- Environ un adolescent sur cinq et plus du quart des adultes ont déjà vécu loin du foyer familial pour fréquenter l’école.

- Les décrocheurs forment une proportion de près de 40 % des adultes.

- Les adolescents dont la mère est diplômée du secondaire sont plus nombreux à aspirer à des études postsecondaires que ceux dont la mère n’est pas diplômée.

- Les adolescents ayant un frère ou une soeur qui n’a jamais abandonné ses études secondaires sont plus nombreux à vouloir poursuivre des études postsecondaires que ceux dont les frères ou les soeurs ont décroché.

- Emploi

- Alors que plus de 90 % des adolescents affirment que l’école est utile pour trouver et occuper un emploi, près de 60 % soutiennent que les compétences nécessaires pour occuper un emploi ne peuvent s’apprendre dans une classe.

- Le quart des adolescents occupent un emploi. De ce nombre, plus de la moitié affirment que leur emploi nuit à leur performance scolaire.

- Le tiers des décrocheurs adultes ont un emploi, comparativement à 90 % des diplômés universitaires.

- Environ la moitié des travailleurs sont stressés au travail, plus particulièrement les travailleurs permanents et temporaires.

- Une plus grande proportion de travailleurs salariés que de personnes sans emploi affirment être en bonne santé mentale, avoir une bonne maîtrise de leur vie et avoir de bonnes compétences en lecture et en communication.

- Les conseils de bande emploient plus des deux tiers des travailleurs. Cette proportion dépasse 85 % dans les communautés les plus isolées.

- Un peu plus de la moitié des adultes occupent un emploi rémunéré (paie, salaire, travail autonome) ou ont un emploi qu’ils reprendront ultérieurement.

- Langue et culture

- La langue la plus souvent parlée au service de garde est une langue des Premières Nations (42 %), suivie du français (31 %) et de l’anglais (27 %).

- Près de la moitié des enfants s’exprimant principalement dans une langue des Premières Nations sont toujours exposés à cette dernière.

- Les adolescents qui fréquentent une école dans la communauté accordent davantage d’importance à comprendre la langue des Premières Nations que ceux qui fréquentent une école à l’extérieur de la communauté.

- Un peu plus de 40 % des enfants participent à des activités culturelles au moins une fois par mois, comparativement à 23 % qui n’y participent jamais.

- Les enfants qui participent souvent à des activités culturelles sont plus nombreux à bénéficier de la présence d’un grand nombre d’acteurs (parents, famille élargie, aînés et éducateurs) en mesure de leur enseigner les traditions que ceux qui n’y participent pas souvent.

- Les principaux obstacles à l’apprentissage ou à l’amélioration de la langue des Premières Nations sont liés à l’accès limité aux personnes en mesure de l’enseigner.

- Près d’un adolescent sur deux et d’un adulte sur trois parlent principalement une langue des Premières Nations au travail.

Tous les cahiers de l’EREEE 2014 peuvent être consultés ici.

– 30 –

Source : Chantal Cleary, agente de communication
www.cssspnql.com

Tél. : 418-842-1540, poste 2304