Célébration de la Journée du mieux-être des Premières Nations

Par Utilisateur non trouvé | févr. 01, 2019
Yannick Donahue - Radio-Canada

« Mon mieux-être m'appartient et je m'inspire! ». Tel est le thème retenu cette année pour la Journée du mieux-être des Premières Nations, qui se tient vendredi.

La CSSSPNQL, qui s’affaire à sensibiliser la population des Premières Nations au mieux-être individuel et collectif, a développé un outil ludique pour favoriser la réflexion : un jeu comprenant 60 cartes qui contiennent des messages pour valoriser l’émancipation, rester positif, renforcer l’estime de soi et sensibiliser la population au mieux-être individuel.

La Journée du mieux-être des Premières Nations et la Semaine nationale de prévention du suicide qui se déroulera à compter de lundi sont intimement liées.

Les deux événements se rattachent, parce qu’on veut promouvoir la vie et miser sur la culture pour bien promouvoir cette campagne-là.

 Natasha Hervieux, conseillère en mieux-être et prévention des dépendances à la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador.

Cette journée a été décrétée en 2011 par les chefs de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), à la suite de la tenue d’un grand Sommet sur les dépendances.

Des témoignages en appui

Une vidéo pour lutter contre le suicide chez les Autochtones a été lancée en 2018 et connaît un fort succès. © CSSSPNQL

Lancée en 2018, la vidéo produite par la CSSSPNQL et intitulée On est là pour toi fera partie encore cette année du matériel de sensibilisation pour améliorer le mieux-être et aider à lutter contre le suicide.

Cet outil, qui met en vedette des membres des différentes communautés des Premières Nations et inuites au Québec, vise à démontrer que chaque individu a un rôle à jouer en matière de prévention du suicide.

On a eu un succès énorme en visionnements. C’est une première à la CSSSPNQL je crois pour une création vidéo. Ce qu’on veut c’est encore la promouvoir, la montrer plus cette année.

 Natasha Hervieux, conseillère en mieux-être et prévention des dépendances à la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador.

La vidéo est narrée dans une dizaine de langues autochtones, en plus du français et de l’anglais.

« Le message est plus fort quand tu l’entends dans ta langue », soulignait l’année dernière Derek Montour, président du conseil d’administration du CSSSPNQL.

Divers services offerts

Par ailleurs, la conseillère en mieux-être et prévention des dépendances souligne qu’il existe d’autres initiatives que celles développées par la CSSSPNQL pour aider à combattre le suicide chez les Autochtones.

« Dans les communautés qu’on dessert, il y a des semaines de prévention du suicide organisées par les centres de santé. […] Il y a des conférences, des formations, plein d’activités pour tous les membres de la communauté. Il y a beaucoup de prévention et de sensibilisation autour de cette semaine-là », affirme Natasha Hervieux.

L’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS) vient d’annoncer que le site Internet commentparlerdusuicide.com sera traduit en anglais et bonifié à temps pour la campagne nationale de sensibilisation.

Des témoignages montrant les bénéfices de la prise de parole seront proposés avec de nouveaux ambassadeurs, avise l’AQPS.

Une ligne d’espoir

La Ligne d'écoute d'espoir pour le mieux-être des Premières Nations et des Inuits est maintenant offerte en ligne, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. La ligne d'écoute pour le mieux-être des Premières Nations et des Inuits est maintenant offerte en ligne, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Photo : Groupe CNW/Affaires autochtones et du Nord Canada

La ligne d'écoute pour le mieux-être des Premières Nations et des Inuits est maintenant offerte en ligne, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. © Groupe CNW/Affaires autochtones et du Nord Canada

Les Autochtones en détresse peuvent appeler la Ligne d’écoute d’espoir pour le mieux-être des Premières Nations et des Inuits, qui a été spécialement conçue pour eux, où ils pourront obtenir en tout temps des services de counseling adaptés sur le plan culturel.

Ils sont offerts en français et en anglais de même qu’en cri, en ojibwé et en inuktitut. De plus, des interventions d’urgence peuvent être effectuées au moyen de séances de clavardage.

La Ligne d’écoute d’espoir pour le mieux-être est accessible par téléphone au 1 855 242-3310.

Les intervenants qui répondront aux appels pourront alors diriger le client vers les ressources appropriées dans sa communauté.

La ligne est-elle populaire au sein des communautés autochtones? « Elle est de plus en plus utilisée, surtout pour des détresses, de l’aide psychologique, répond Natasha Hervieux. Mais, oui elle est beaucoup utilisée ».

Écouter les besoins

L’Enquête régionale sur la santé des Premières Nations au Québec de 2015 révèle qu’un adulte sur dix et un adolescent sur dix ont utilisé un service de santé mentale (consultation ou tests psychologiques) dans l’année précédant l’enquête.

L’étude souligne parallèlement qu’environ la moitié des travailleurs adultes (51,7 %) affirment ressentir du stress au travail.

La Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador a-t-elle le sentiment que ses efforts portent leurs fruits? « Oui, on a l’impression que notre message est entendu par les intervenants, la communauté aussi », répond Natasha Hervieux.

La conseillère dit que la CSSSPNQL est à l’écoute des demandes des Autochtones et qu'elle module ses interventions en fonction de celles-ci.

« On se fie aux besoins des communautés pour créer ces outils, pour soutenir les intervenants. Parce que ce sont les intervenants qui vont aller sur le terrain pour promouvoir cette semaine [sur la promotion de la vie] et les autres matériels », assure-t-elle.