Merci au projet Niona et aux aînés des communautés!

Par CSSSPNQL | sept. 22, 2020
Avez-vous déjà pris connaissance du magazine Salakiwi? Il s’agit d’une publication produite par des jeunes des communautés de Wôlinak et d’Odanak.



Par ailleurs, le magazine s’inscrit au sein du projet Niona, qui a pour objectif de faire découvrir, de faire vivre et de transmettre la culture abénakise, et des Premières Nations en général, par le biais des technologies de l’information.

Dans la dernière édition du magazine, un hommage spécial est fait aux personnes aînées, plus particulièrement à deux femmes qui ont grandement inspiré leur communauté respective, soit madame Aline Blanchette de Wôlinak et madame Annette Nolett d’Odanak. À lire absolument!

Ces textes sont tirés du magazine Salakiwi. Pour accéder au dossier complet, cliquez ici.

Une grande femme de Wôlinak

C’est au cœur de l’été qu’est née, voilà maintenant quelques années, une femme qui mérite amplement cet hommage. Elle a fréquenté l’école primaire à Nicolet. L’histoire ne dit pas si elle était tannante; parions toutefois qu’elle avait de l’énergie!

Celle à qui nous rendons hommage adore la nature, elle a toujours aimé passer du temps dans le bois. Elle apprécie particulièrement s’y retrouver pour pêcher. C’est avec son père, au Club Lavergne, qu’elle a été initiée à la pêche. Encore aujourd’hui, elle a besoin de ce lien avec la nature et le comble en participant à des voyages avec l’Association forestière de la vallée du St-Maurice.

Elle a occupé plusieurs emplois; à 12 ans, elle travaillait chez un nettoyeur. Plus tard, elle travailla comme femme de ménage et cuisinière à la résidence au Soleil Levant. On décrit cette femme comme étant énergique, spontanée et tenace. Elle aime savoir et questionne beaucoup; elle se plait à dire qu’elle aurait pu être journaliste. Elle habite Wôlinak depuis maintenant plus de 30 ans et s’y implique encore activement dans plusieurs activités communautaires.

Aline est une femme de famille; sa passion est évidemment ses enfants, mais également ses quatre petits-enfants. Elle adore participer à des activités en leur compagnie, car pour elle, s’impliquer auprès de ses petits-enfants est primordial. Sensible à la culture, elle veut toujours en apprendre davantage sur le sujet. Elle a fait de l’artisanat pendant plusieurs années, en travaillant notamment avec Sylvie Bernard de Plumes et Pacotilles.

Aline participe à la vie et au développement de la communauté, notamment en s’impliquant auprès du groupe Abazi qui permet aux aînés de se réunir régulièrement. Lors de la consultation auprès de la population pour le développement de services, Aline a d’ailleurs fait plusieurs suggestions qui ont pu être retenues; cette grande dame peut définitivement jouer un rôle dans son milieu.

Merci Aline Blanchette, vous êtes une inspiration pour nous tous.

Une grande dame d’Odanak

Quelque part en juin (voilà quelques étés maintenant) est née celle à qui nous rendons hommage pour la communauté d’Odanak. Dans les années 50, elle quitte Odanak pour partir vivre chez sa tante Cécile Wawanollett à Troy, dans l’État de New York. C’est là qu’elle rencontre le père de ses enfants. Elle demeure ensuite aux États-Unis jusqu’en 1987.

Cette grande dame aura fait sa part pour assurer l’avenir de la Nation; elle a eu six enfants, une quinzaine de petits-enfants et nous perdons le décompte pour ce qui est de ses arrières petits-enfants. Elle revient donc vivre à Odanak à la fin des années 80 et, dans les deux années suivantes, elle prendra soin de son père malade. Pour celle qui mérite un hommage, la famille, c’est important. À chaque année, elle quitte plusieurs semaines pour visiter ses descendants qui demeurent toujours aux États-Unis.

Au décès de ses parents, elle reprend la tradition familiale et reçoit sa famille chaque dimanche après la messe. Tous se délectent de sa traditionnelle soupe, car elle est une excellente cuisinière. Pour cette femme remarquable, les traditions sont vitales. Au fil du temps, elle devient une référence en matière de vannerie. Son nom y est systématiquement associé. C’est avec sa tante Sophie, la sœur de son père, qu’elle travaille et peaufine la confection de ses paniers. Voilà une femme qui n’a pas peur de l’effort puisqu’elle aura aussi travaillé à l’atelier de couture de sa sœur Dolorès.

Annette collabore depuis toujours avec le Musée des Abénakis afin de faire des démonstrations de techniques de vannerie. Elle prend même le temps de transmettre aux plus jeunes cet art qu’elle maîtrise afin que ces derniers sachent comment confectionner des paniers de frêne. Annette transmet sa culture, et ce, humblement. Elle est une force tranquille. Chaque année, elle est présente au pow-wow de sa communauté où elle tient un kiosque permettant aux gens de découvrir ses paniers de frêne, la bannique et sa fameuse sagamité.

À titre d’aînée, Annette est aussi très impliquée dans le groupe Kchaïak. C’est donc par cette implication qu’elle continue de faire partie prenante des actions qui se tiennent dans sa communauté. D’ailleurs, elle fait partie des Femmes Autochtones du Québec depuis de nombreuses années et puis, elle devient la présidente des aînés au niveau provincial.

Merci Annette Nolett, vous êtes une inspiration pour nous tous.