Pour donner la parole aux femmes des Premières Nations et continuer de documenter leurs réalités, la recherche sur les violences obstétricales et gynécologiques (VOG) s’est poursuivie lors d’une deuxième phase.
Le premier rapport publié en 2022 et intitulé Consentement libre et éclairé et stérilisations imposées des Premières Nations et Inuit au Québec a démontré que des stérilisations imposées ont été pratiquées chez des femmes des Premières Nations et Inuit au Québec. Au total, 35 témoignages avaient été recueillis, dont 22 dénoncent des stérilisations imposées.
Le 26 mai dernier, la CSSSPNQL, en collaboration avec l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), a publié un second rapport dénonçant ces pratiques, Violences obstétricales et gynécologiques et stérilisations imposées de femmes des Premières Nations au Québec – Phase II.
S’appuyant sur 97 témoignages, le second rapport recense trois fois plus d’actes de violence que celui de la première phase et prouve l’aspect systémique de ces pratiques. Quatre types de VOG ont été relevés; les stérilisations imposées demeurent toutefois la VOG la plus importante, avec 55 cas dénoncés.

Quelques faits saillants :
- On observe une forme de traitement différent entre femmes autochtones et allochtones, mais étant très similaire d’une nation à l’autre et d’une région à l’autre, ce qui démontre la présence de racisme et de discrimination systémique dans le réseau de la santé.
- La relation de pouvoir entre le personnel soignant et les femmes des Premières Nations ne permet aucunement à ces dernières de fournir un consentement préalable, libre et éclairé.
- Parmi les cas de stérilisations imposées documentés, plusieurs survivantes rapportent ne pas avoir signé de formulaire de consentement, ou ne sont pas certaines de l’avoir fait. D’autres l’ont signé dans des circonstances préoccupantes : sous la pression, en plein travail d’accouchement, persuadées que l’intervention était réversible, ou avec la main soutenue par le personnel soignant.
- Plusieurs violences de nature discriminatoire en fonction de l’origine ethnique ont été rapportées : signalements à la naissance, suspicion de maltraitance en présence de la tache mongoloïde, prise de sang sur le bébé sans consentement et avortements imposés.
Soutien
Des ressources et du soutien existent pour les survivantes :
- Ligne d’écoute du Cercle des survivantes pour la justice reproductive
Accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7
1-877-386-0750 (poste 113 pour obtenir un service en français). - Ligne d’écoute d’espoir pour le mieux-être : 1 855 242-3310, ou clavardage .