Lever le voile sur l’itinérance cachée

Mise en contexte

L’itinérance dans les communautés des Premières Nations est bien différente de celle vécue en milieu urbain. Un premier portrait publié par la CSSSPNQL en 2016 a d’ailleurs levé le voile sur les diverses formes que prend le phénomène au sein des communautés et notamment sur la prédominance de l’itinérance cachée. Afin de comprendre comment mieux soutenir les personnes qui vivent dans cette situation, il était nécessaire d’approfondir les connaissances. Des ateliers de discussion organisés à l’automne 2019 ont permis de joindre une centaine d’acteurs clés des communautés et d’avoir accès à une grande diversité de connaissances et d’expériences d’intervention auprès des personnes en situation d’itinérance ou à risque de le devenir.

Valeurs d’entraide et de solidarité au cœur des communautés

Au cours de ces ateliers, le manque de services offerts à cette population vulnérable a été maintes fois relevé. Les fortes valeurs d’entraide et de solidarité qui prévalent dans les communautés font en sorte que les personnes en situation d’itinérance sont généralement prises en charge par leurs familles ou leurs amis, ce qui permet de combler, du moins en partie, leurs besoins de base. Ces proches aidants doivent être mieux soutenus. De même, les structures existantes au sein des communautés doivent disposer de ressources pour satisfaire aux autres besoins des personnes en situation d’itinérance et prendre le relais des familles. Le manque de liens avec les ressources situées à l’extérieur des communautés a également été mentionné. Dans ce contexte, il est difficile de bâtir un continuum de services multidisciplinaires adéquat pour cette population reconnue comme étant très mobile.

Plusieurs pistes de solutions ont été proposées lors des discussions. Par exemple, améliorer la disponibilité des habitations répondant aux besoins des gens seuls, des couples et des familles nombreuses, ou encore offrir des services misant sur le développement des habiletés sociales des personnes à risque est à envisager. Les communautés et leurs partenaires devraient toutefois consentir un investissement considérable en temps et en argent. On a aussi souligné l’importance de la sécurisation culturelle, surtout lorsque les personnes se trouvent à l’extérieur de leur communauté, dans un contexte où la discrimination, le racisme et le jugement sont parfois prévalents.

Enfin, tenir compte des conséquences possibles de l’itinérance et mieux répondre aux besoins des personnes en situation d’itinérance et de leurs familles ne pourront que favoriser le mieux-être des individus, des familles et des communautés des Premières Nations.

Publication

Vous désirez en apprendre plus sur le sujet? La CSSSPNQL a récemment publié les résultats de cette consultation. Cliquez ici pour y accéder.

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