Se réapproprier les approches ancestrales 

Offrir des services de prévention et de protection de la jeunesse culturellement sécuritaires 

Ces dernières années, plusieurs communautés des Premières Nations ont mené des consultations communautaires en vue d’offrir des services à l’enfance et à la famille en harmonie avec les valeurs et les façons de faire de leur culture. Ces consultations ont, entre autres, permis de recueillir des connaissances auprès des dernières personnes ayant vécu selon le mode de vie ancestral. Les aînés sont les gardiens d’un savoir inestimable qui peut être appliqué à une offre de services sociaux renouvelée, c’est-à-dire qui n’est pas calquée sur les façons de faire du système québécois, souvent jugées comme étant à l’opposé des valeurs des Premières Nations. 

Le contexte actuel de la Loi concernant les enfants, les jeunes et les familles des Premières Nations, des Inuits et des Métis est favorable à l’autodétermination et à la gouvernance de services par et pour les Premières Nations. Nous vous présentons deux modèles d’initiatives locales, bien qu’il en existe d’autres au Québec, afin de leur rendre hommage, mais aussi d’inspirer d’autres communautés. 

Le modèle de gouvernance Tshisheuatishitau 

Les Innus d’Uashat mak Mani-Utenam ont mis au point un modèle de gouvernance de services à l’enfance et à la famille qui, entre autres choses, remet en question la théorie de l’attachement (une figure d’attachement, souvent la mère) appliquée par la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ). Leur modèle met de l’avant l’idée que les enfants innus « grandissent au sein d’un système de parenté complexe, où l’éducation et les responsabilités à leur égard sont assumées par plusieurs adultes. [Et dans lequel] les enfants développent des attachements multiples avec les différentes personnes qui prennent soin d’eux » (Innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam, 2019 : 10-11). La pratique ancestrale de ne kupaniem, dont la traduction française est « un enfant que l’on garde temporairement », est également intégrée au modèle et rejette la notion de permanence et de durées maximales d’hébergement de la LPJ. 

Services aux enfants et à la famille de Listuguj 

Listuguj s’est dotée d’une structure de services dans laquelle une seule et même direction assure la prestation de services de prévention et de services de protection de la jeunesse. La mise en place d’une direction commune permet de prendre des décisions éclairées quant au meilleur moyen de protéger l’enfant. Le maintien des services de prévention est privilégié tant et aussi longtemps que la situation n’exige pas d’intervenir en deuxième ligne. Des réflexions émises depuis plusieurs années ont amené les équipes concernées à offrir des services plus près des valeurs, des traditions et des croyances issues de leur culture. Les familles ont le choix d’utiliser des services cliniques ou des méthodes de guérison traditionnelles, selon ce qu’elles préfèrent. Les services sont mis au point dans la communauté et impliquent les enfants et la famille élargie. 

Partage :
Facebook
Twitter
LinkedIn
Autres articles similaires :
0
    0
    Votre panier
    Votre panier est videRetourner aux documents